La forêt et l'eau entretiennent une relation plus nuancée que ne le laissent croire les formules courantes. Le couvert forestier améliore nettement la qualité de l'eau, mais son effet sur la quantité disponible est souvent l'inverse de ce que l'on imagine.
La qualité : un effet massif et incontesté
Un sol forestier est poreux, non travaillé, couvert d'une litière qui amortit l'impact des gouttes de pluie. L'eau s'y infiltre au lieu de ruisseler, ce qui limite l'érosion et le transport de particules. Aucun intrant n'y est apporté dans une gestion normale, et le système racinaire capte les nitrates résiduels. C'est pourquoi les captages d'eau potable sont fréquemment entourés de forêt, et pourquoi cette vocation justifie parfois un boisement de protection.
La quantité : l'idée reçue à corriger
On entend souvent que la forêt produit de l'eau. C'est faux à l'échelle du bassin. Un peuplement intercepte une part notable des précipitations sur son feuillage, d'où elles s'évaporent sans jamais atteindre le sol, et il transpire des quantités importantes en saison de végétation. Le bilan est qu'un bassin boisé restitue globalement moins d'eau au cours d'eau qu'un bassin en prairie. Ce que la forêt améliore, c'est la régularité : en favorisant l'infiltration au détriment du ruissellement, elle écrête les crues et soutient mieux les étiages.
Ce que le propriétaire contrôle
Trois gestes ont un effet direct. Maintenir une bande boisée non exploitée le long des cours d'eau, qui protège la berge, ombrage l'eau et filtre le ruissellement. Éviter le tassement du sol par les engins, une ornière transformant l'infiltration en ruissellement concentré. Et ne pas franchir un ruisseau ailleurs qu'en un point aménagé, un passage improvisé déstabilisant les berges pour des années. Les milieux riverains sont décrits dans les aulnaies-frênaies des petits ruisseaux et les boisements de zone humide, et les précautions d'accès dans la desserte forestière.




