Une forêt gérée durablement, au sens européen, est une forêt évaluée sur six critères à la fois : ses ressources et son rôle dans le cycle du carbone, sa santé, sa production, sa diversité biologique, ses fonctions de protection et ses fonctions socio-économiques. Le mot durable est employé partout sans que son contenu soit souvent précisé. En foresterie, il l'est : une série de conférences ministérielles européennes a abouti à six critères, assortis d'indicateurs mesurables, qui structurent aujourd'hui les rapports nationaux comme les référentiels de certification.
D'où viennent ces critères
Ils sont issus du processus paneuropéen aujourd'hui appelé FOREST EUROPE, qui réunit les ministres chargés des forêts du continent. Selon FOREST EUROPE, les critères et indicateurs de gestion durable ont été adoptés à Lisbonne en 1998, puis ont connu plusieurs adaptations : les six critères sont restés les mêmes, ce sont les indicateurs qui les accompagnent qui ont été révisés au fil des conférences.
Les six critères
Le premier porte sur les ressources forestières et leur contribution au cycle du carbone : surface boisée, volume sur pied, stock de carbone. Le deuxième sur la santé et la vitalité des peuplements, mesurée notamment par l'état des houppiers et les dégâts recensés. Le troisième sur les fonctions de production, c'est-à-dire le rapport entre l'accroissement biologique et les prélèvements. Le quatrième sur la diversité biologique, avec des indicateurs comme le volume de bois mort, le nombre d'essences par peuplement ou la surface en régénération naturelle. Le cinquième sur les fonctions de protection, contre l'érosion, pour la ressource en eau et contre les risques naturels. Le sixième enfin sur les fonctions socio-économiques : emploi, accueil du public, valeur patrimoniale.
| Critère | Ce qu'il mesure | Exemples d'indicateurs |
|---|---|---|
| 1. Ressources forestières | L'étendue de la forêt et son rôle dans le cycle du carbone | Surface boisée, volume sur pied, stock de carbone |
| 2. Santé et vitalité | L'état sanitaire des peuplements | État des houppiers, dégâts recensés |
| 3. Fonctions de production | L'équilibre entre ce qui pousse et ce qui est récolté | Accroissement biologique comparé aux prélèvements |
| 4. Diversité biologique | La richesse des milieux forestiers | Bois mort, nombre d'essences, régénération naturelle |
| 5. Fonctions de protection | Le rôle de la forêt pour les sols, l'eau et face aux risques | Forêts à rôle de protection des sols et de l'eau |
| 6. Fonctions socio-économiques | Ce que la forêt apporte à la société | Emploi, accueil du public, valeur patrimoniale |
Ce que cette liste apporte concrètement
Elle empêche de réduire la durabilité à une seule dimension. Une forêt qui produit beaucoup peut être défaillante sur la diversité biologique ; une forêt intégralement mise en réserve peut l'être sur les fonctions socio-économiques. Les six critères obligent à regarder l'ensemble, et c'est de là que viennent les exigences apparemment disparates d'un cahier des charges de certification, qui parle à la fois de bois mort, de sécurité des chantiers et de renouvellement.
À l'échelle régionale, la même logique se retrouve dans les documents qui encadrent la gestion des forêts privées : le schéma régional de gestion sylvicole fixe les orientations, et chaque propriétaire les décline pour sa propriété, par exemple dans un plan simple de gestion pour sa forêt.
Ce qu'un propriétaire peut en retenir
Trois indicateurs sont directement dans sa main et coûtent peu : conserver du bois mort et des arbres à cavités, maintenir au moins deux essences dans ses peuplements, et privilégier la régénération naturelle quand elle est possible. Le reste relève d'échelles qui le dépassent. Le fonctionnement des labels est décrit dans que signifie PEFC, le cahier des charges dans ce que garantit vraiment la certification forestière, et la notion juridique associée dans la garantie de gestion durable.















