Toutes les forêts irrégulières ne sont pas le fruit d'un choix. Beaucoup résultent d'un taillis-sous-futaie abandonné ou d'une exploitation par prélèvements successifs sans plan. Revenir à une structure régulière peut alors être la décision la plus simple, à condition de conduire le renouvellement correctement.
La régénération naturelle par coupes progressives
C'est la voie la moins coûteuse quand les semenciers sont présents et de bonne qualité. Elle se déroule en trois temps. Une coupe préparatoire d'abord, qui éclaircit le peuplement et donne aux semenciers un houppier ample, condition d'une bonne fructification. Une coupe d'ensemencement ensuite, l'année d'une glandée, qui ouvre le couvert de moitié environ pour que la lumière atteigne le sol sans dessécher les semis. Des coupes secondaires enfin, qui retirent progressivement les semenciers à mesure que le jeune peuplement s'installe.
Le rythme de la glandée impose son calendrier
C'est la contrainte que l'on ne maîtrise pas. Le chêne fructifie abondamment tous les trois à cinq ans seulement, et une coupe d'ensemencement pratiquée une année sans glands ouvre le couvert pour rien : la ronce et les graminées s'installent, et la fenêtre est perdue pour plusieurs années. Il faut donc observer la fructification en fin d'été et déclencher la coupe en conséquence, ce qui suppose un programme souple plutôt qu'un calendrier fixe.
Les dégagements, où tout se joue ensuite
Un semis de chêne installé n'est pas un peuplement acquis. Pendant les cinq à huit premières années, il faut le dégager de la végétation concurrente, une à deux fois par an au début, faute de quoi la ronce et les rejets de souche l'étouffent. C'est le poste le plus coûteux et le plus souvent sous-estimé, et l'abandon des dégagements est la cause principale des régénérations manquées. La protection contre le gibier s'y ajoute, décrite dans l'évaluation de la pression des cervidés. La voie inverse figure dans la futaie irrégulière de chêne, et la densité visée dans la densité de plantation du chêne.





