Le douglas est devenu en quelques décennies le résineux de plantation le plus utilisé en France. Il combine une croissance rapide, un bois de bonne qualité mécanique et une durabilité naturelle correcte du duramen, ce qui lui ouvre le marché de la charpente et du bardage sans traitement.
Il ne pousse pas partout
C'est la limite que l'engouement fait parfois oublier. Le douglas exige un sol profond, frais, bien drainé et acide à neutre ; il redoute le calcaire actif, qui provoque une chlorose, et surtout la sécheresse estivale. Sa croissance rapide s'accompagne d'une forte consommation d'eau, ce qui le rend vulnérable là où la réserve utile est faible. Les dépérissements observés depuis plusieurs années concernent presque toujours des plantations installées hors de son domaine de confort, sur des sols trop superficiels ou trop secs.
L'élagage n'est pas optionnel
Le douglas conserve longtemps ses branches mortes, qui ne tombent pas d'elles-mêmes et produisent des nœuds noirs déclassant le sciage. Pour viser autre chose que la palette, il faut élaguer artificiellement les tiges d'avenir, en deux ou trois passages, jusqu'à six mètres environ. L'opération se fait sur un nombre limité d'arbres, ceux que l'on conduira jusqu'à la récolte, et se planifie dès la première éclaircie. Un peuplement non élagué produira du bois d'œuvre commun, pas de la charpente apparente.
Le calendrier
On plante généralement entre mille et mille cinq cents tiges à l'hectare. La première éclaircie intervient tôt, souvent avant vingt ans, et les suivantes tous les six à huit ans, avec le même impératif de stabilité que pour tout résineux : maintenir un rapport hauteur sur diamètre modéré et ne jamais ouvrir brutalement un peuplement élancé. La récolte se situe couramment entre quarante-cinq et soixante ans. Les principes généraux figurent dans la futaie résineuse régulière, et le choix de station dans l'adaptation au changement climatique.





