Chez les pins, la densité initiale est le paramètre qui conditionne tout le reste : la rectitude des troncs, la grosseur des branches, la date de la première éclaircie commercialisable et, finalement, le produit que l'on vendra. Elle se décide une fois pour toutes au moment de l'installation.
Pourquoi la concurrence est nécessaire
Un pin isolé développe de grosses branches basses et un tronc conique, sans valeur pour le sciage. En peuplement serré, la lumière latérale manque, les branches basses meurent et se détachent, et la tige monte droite avec un défilement régulier. La qualité du bois de pin est donc largement le produit d'une contrainte, ce qui explique que les plantations trop lâches déçoivent systématiquement.
Mais l'excès se paie aussi
Au-delà d'un certain seuil, la concurrence cesse d'améliorer la forme et se met à réduire le diamètre de tous les sujets. Le peuplement s'élance, le rapport hauteur sur diamètre se dégrade, la sensibilité à la neige et au vent augmente, et il faut intervenir dans des bois trop petits pour se vendre. Le coût du dépressage, opération sans recette, croît directement avec la densité choisie au départ. Une densité forte n'est donc pas une sécurité : c'est un pari sur sa propre capacité à intervenir à temps.
Comment se décide le chiffre
Trois éléments entrent en jeu. L'origine du peuplement d'abord : une régénération naturelle arrive souvent avec plusieurs milliers de semis à l'hectare, très au-delà de ce que l'on planterait, et le dépressage y est incontournable. La fertilité ensuite, car une station riche accélère la fermeture du couvert et rapproche l'échéance de la première intervention. L'objectif enfin : viser le bois d'industrie ou viser le sciage n'appelle pas la même trajectoire. La règle pratique est de choisir une densité que l'on saura réduire au bon moment, et non la plus élevée possible. La suite de l'itinéraire est décrite dans la futaie régulière de pin maritime, et la mesure du couvert dans la surface terrière.





