Vendre une peupleraie sans en connaître le volume revient à accepter le chiffre de l'acheteur. Le cubage sur pied n'exige pourtant qu'un mètre ruban, un peu de méthode et une demi-journée : c'est le meilleur rapport entre l'effort consenti et la sécurité obtenue.
Les deux mesures de base
La circonférence se prend à un mètre trente du sol, côté amont si le terrain est incliné, en évitant un renflement ou une plaie. On en déduit le diamètre, puis la surface de la section. La hauteur de bille, ensuite, est la longueur de tronc commercialisable jusqu'à la première grosse branche : c'est elle qui détermine ce que l'on pourra dérouler, et elle s'estime par comparaison avec une perche de longueur connue ou avec un dendromètre simple.
Le coefficient de forme, qui évite la surestimation
Un tronc n'est pas un cylindre parfait : il diminue de section en montant. Multiplier la surface à un mètre trente par la hauteur donnerait donc un volume nettement supérieur au volume réel. On applique un coefficient de forme, de l'ordre de sept dixièmes pour un peuplier bien conformé, un peu moins pour un sujet très défilé. C'est l'oubli de ce coefficient qui explique la plupart des estimations fantaisistes faites par des propriétaires de bonne foi.
De l'arbre au peuplement
On ne mesure pas tous les arbres. On répartit les tiges par classes de circonférence, on compte les effectifs de chaque classe, on mesure la hauteur de bille sur quelques sujets représentatifs par classe, et l'on multiplie. Il faut ensuite déduire une part pour les arbres défectueux, repérables à un tronc courbé, une plaie ancienne ou un houppier dépérissant. Le chiffre obtenu n'a pas la précision d'un cubage après abattage, mais il donne un ordre de grandeur qui change radicalement une négociation. Les règles de la vente figurent dans le contrat de vente de bois, la notion de surface terrière dans connaître et utiliser la surface terrière, et la préparation de la bille dans l'élagage du peuplier.





