Un îlot de sénescence est une petite surface au sein d'un peuplement exploité, sur laquelle on renonce à toute récolte afin que les arbres accomplissent leur cycle complet, jusqu'au dépérissement et à l'effondrement. C'est l'outil le plus efficace pour restaurer ce qui manque le plus aux forêts gérées : les stades très âgés.
Pourquoi une petite surface suffit
Les espèces qui dépendent des vieux arbres, coléoptères saproxyliques exigeants, chauves-souris arboricoles, certains champignons, ont besoin d'une continuité dans le temps plutôt que d'une grande surface. Un îlot de quelques hectares, maintenu sur plusieurs siècles, vaut mieux qu'une surface dix fois plus grande protégée dix ans. La contrainte est donc la durée, pas l'étendue, et c'est ce qui rend l'engagement difficile à tenir sans formalisation.
Ce qui fait un bon îlot
Trois critères. Des arbres déjà âgés et de gros diamètre, car partir d'un peuplement jeune reporte le bénéfice de plus d'un siècle. Une position à l'écart des chemins, des routes et des limites, la sécurité interdisant de conserver des arbres dangereux à proximité du public. Et une taille suffisante pour que le microclimat intérieur se maintienne, quelques hectares plutôt que quelques ares dispersés. Les regrouper vaut mieux que les disperser, contrairement à ce que l'intuition suggère.
Le financer plutôt que le subir
Renoncer à récolter de gros bois représente un manque à gagner réel, qui explique la rareté de ces îlots. Des dispositifs contractuels permettent d'être indemnisé pour cette immobilisation, sur la base de la valeur des arbres conservés, en échange d'un engagement de durée déterminée renouvelable. C'est l'une des rares mesures écologiques qui se compense financièrement, et elle est décrite dans contrat et charte. Le rôle du bois en décomposition est détaillé dans le bois mort en forêt, et la méthode d'évaluation dans l'évaluation de la valeur écologique des arbres.





