Les chauves-souris en forêt : chasser et gîter dans les arbres

Toutes les chauves-souris d'Europe sont protégées, ainsi que leurs gîtes. Plusieurs espèces vivent exclusivement en forêt et n'occupent jamais de bâtiment : pour elles, l'arbre n'est pas un abri de secours mais l'habitat unique, ce qui place le propriétaire forestier en première ligne.

Des gîtes que l'on ne soupçonne pas

Les chauves-souris arboricoles n'utilisent pas seulement les grandes cavités de pics. Elles occupent aussi les fissures étroites nées d'un coup de foudre ou du gel, les décollements d'écorce sur les arbres dépérissants, les fentes derrière un morceau de bois mort resté en place, les anciennes loges élargies par la pourriture. Ces micro-habitats sont invisibles depuis le sol, et un arbre qui paraît sain de l'extérieur peut abriter une colonie de plusieurs dizaines d'individus.

Un cycle qui interdit certaines périodes

Deux moments sont critiques. L'été, de mai à août, les femelles se regroupent en colonies de mise bas et élèvent un jeune unique par an, incapable de fuir : l'abattage de l'arbre gîte détruit toute la colonie. L'hiver, en hibernation, les animaux sont en léthargie profonde et ne peuvent pas s'envoler ; un réveil forcé consomme des réserves qu'ils ne reconstitueront pas avant le printemps. Les fenêtres les moins risquées sont donc les périodes de transition, en début d'automne notamment.

Ce qu'un propriétaire peut faire

Conserver systématiquement les arbres à cavités, à fissures et à écorces décollées, y compris ceux qui n'ont aucune valeur commerciale, et les regrouper en îlots. Éviter d'abattre en été et en plein hiver les arbres susceptibles d'abriter des gîtes. Maintenir des lisières et des allées, qui servent de couloirs de vol, ces animaux se déplaçant en suivant des structures linéaires plutôt qu'à découvert. Enfin, préserver les plans d'eau du massif, où elles chassent. Les cavités et leurs créateurs sont décrits dans les pics en forêt, la conservation des vieux arbres dans les îlots de sénescence, et les couloirs de déplacement dans les continuités écologiques.

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