La plupart des atteintes à la faune forestière ne résultent pas d'une intention mais d'un calendrier. Un chantier mené à la mauvaise période détruit des nichées et des portées que personne ne voit, alors que le même chantier décalé de quelques semaines ne cause aucun dommage et ne coûte pas davantage.
Les trois fenêtres à connaître
La nidification s'étend approximativement de mars à fin juillet selon les espèces et l'altitude. C'est la période la plus sensible, et elle concerne aussi bien les oiseaux des arbres que ceux qui nichent au sol dans les coupes et les landes, dont les pontes sont invisibles. La mise bas des chauves-souris arboricoles occupe le cœur de l'été, de mai à août, avec des colonies groupées dans des cavités et des jeunes incapables de fuir. L'hibernation enfin, de novembre à mars, immobilise chauves-souris et reptiles, qui ne peuvent pas s'échapper d'un arbre abattu.
La fenêtre la plus sûre
Il découle de ce calendrier qu'il n'existe pas de période parfaite, mais une période nettement moins risquée : la fin de l'été et le début de l'automne, de septembre à début novembre. La nidification est terminée, les jeunes chauves-souris sont volants, l'hibernation n'a pas commencé, et les sols sont souvent portants. C'est aussi la période où l'on prépare les régénérations naturelles avant la chute des graines.
Ce qui se décide en amont
Deux choses valent bien plus qu'une précaution de dernière minute. Repérer avant le martelage les arbres à cavités, les aires de rapaces et les mares, puis les reporter sur la carte de la propriété : cette information sert à chaque rotation et se transmet. Et inscrire les périodes d'intervention dans le document de gestion, ce qui évite d'avoir à trancher dans l'urgence quand un acheteur presse. Les espèces concernées sont décrites dans les rapaces forestiers, les chauves-souris en forêt et l'engoulevent d'Europe.





