Une mare forestière tient parfois en quelques mètres carrés, et disparaît une partie de l'année. Cette modestie explique qu'on la comble, qu'on la draine ou qu'on roule dedans sans y penser. Elle joue pourtant un rôle sans équivalent dans le fonctionnement du massif.
Pourquoi les petites mares comptent autant
Les amphibiens ont besoin d'eau pour se reproduire et de forêt pour vivre le reste de l'année. Une mare temporaire, qui s'assèche en été, présente un avantage décisif : elle n'héberge pas de poissons, principaux prédateurs des pontes et des larves. C'est précisément sa fragilité apparente qui en fait un site de reproduction de qualité. Salamandre, tritons, grenouille agile et crapaud commun y déposent leurs œufs, souvent en très grand nombre sur quelques mètres carrés.
Un réseau plutôt qu'une mare
Les populations d'amphibiens ne survivent pas sur un point isolé : elles fonctionnent en réseau, les individus circulant entre plusieurs mares distantes de quelques centaines de mètres. Une mare unique, même excellente, finit par s'éteindre après un accident local. C'est pourquoi la conservation de plusieurs points d'eau modestes vaut mieux qu'un seul aménagement soigné, et pourquoi les ornières profondes en eau permanente, souvent perçues comme un dégât d'exploitation, peuvent devenir un habitat utile.
Ce qu'il faut éviter et ce qui aide
Ne pas combler, ne pas drainer, ne pas y déposer de rémanents, dont la décomposition consomme l'oxygène. Ne pas y introduire de poissons, ce qui suffit à stériliser le site. Éviter les chantiers à proximité immédiate en période de reproduction, de février à juin selon les espèces. Côté aménagement, un simple entretien de la végétation ligneuse sur une partie du pourtour, pour éviter la fermeture complète du couvert, améliore beaucoup les conditions. Un curage n'est utile que si la mare se comble, et se fait alors par moitié, en deux saisons. Les milieux voisins sont décrits dans les boisements de zone humide et les étangs forestiers.






