Le peuplier est la seule essence forestière courante qui permette d'envisager une récolte en quinze à vingt-cinq ans. Cette rotation courte attire, mais elle suppose un investissement initial nettement plus élevé que pour un feuillu classique, et surtout un sol qui convient. Planter un peuplier hors station est la façon la plus sûre de perdre la mise.
Les postes de dépense
Le plant lui-même pèse lourd : on plante à faible densité, entre cent cinquante et deux cent quatre-vingts tiges par hectare selon le cultivar et l'objectif, mais chaque plant est un sujet de belle taille, tuteuré, dont le prix unitaire est sans commune mesure avec un jeune plant forestier ordinaire. S'y ajoutent la préparation du sol, souvent un sous-solage ou un travail localisé profond, la fourniture et la pose des tuteurs, la protection contre le gibier lorsque la pression le justifie, puis les entretiens des trois à quatre premières années. La taille de formation et l'élagage, indispensables pour obtenir une bille de pied sans nœud, représentent un coût récurrent que beaucoup de calculs oublient.
Ce qui fait varier le résultat du simple au double
Trois éléments dominent. La station d'abord : le peuplier exige un sol frais, profond, bien alimenté en eau mais sans engorgement prolongé, et il ne tolère pas la sécheresse estivale marquée. Le cultivar ensuite, dont la sensibilité aux maladies foliaires conditionne la croissance réelle. La régularité des entretiens enfin : une peupleraie abandonnée deux ans se rattrape rarement. À l'inverse, une plantation bien conduite sur bonne station produit des volumes unitaires que peu d'essences atteignent en si peu de temps.
Avant de se décider
Il faut raisonner en trésorerie : la dépense est concentrée sur les cinq premières années, la recette arrive quinze ans plus tard, et le prix du bois d'industrie et de déroulage aura eu le temps de bouger. Les aides publiques existent selon les périodes et les territoires, et changent régulièrement. Les points techniques sont repris dans la fiche sur la plantation de peupliers, et les risques sanitaires dans celle consacrée aux maladies et ravageurs du peuplier.





