Une part importante des forêts de production françaises actuelles n'existait pas il y a un siècle. Elle résulte d'une politique de boisement financée sur longue durée, dont les effets se lisent encore dans la structure des peuplements que les propriétaires reçoivent aujourd'hui en héritage.
Un fonds alimenté par la filière elle-même
Le mécanisme, créé au sortir de la seconde guerre mondiale, reposait sur une taxe assise sur les produits du bois : la filière finançait le renouvellement de sa propre ressource. Les fonds servaient à subventionner les plantations, à créer des dessertes et à soutenir les pépinières. Sur une cinquantaine d'années, plusieurs millions d'hectares ont été boisés ou reboisés, principalement en résineux, sur des terres agricoles marginales et des landes.
Ce que cela a produit, et ses limites
Le résultat est massif : la surface boisée française a augmenté de façon continue et le pays dispose aujourd'hui d'une ressource résineuse qui n'existait pas. Mais la logique de l'époque privilégiait la production rapide et l'homogénéité, avec des plantations souvent monospécifiques et très denses. Ces peuplements arrivent maintenant à maturité et posent trois questions à leurs propriétaires : leur sensibilité aux ravageurs et aux tempêtes, leur adaptation à un climat qui n'est plus celui de la plantation, et le coût de leur renouvellement.
Ce qui existe aujourd'hui
Le fonds a été supprimé au début des années deux mille et remplacé par des dispositifs plus fragmentés, adossés à des programmes régionaux et européens, souvent ouverts par appels à projets et conditionnés à des critères de diversification des essences. Pour un propriétaire, la conséquence pratique est que l'aide n'est plus automatique : elle se demande, dans une fenêtre de temps, et suppose un document de gestion. Le renouvellement d'un peuplement issu de cette période gagne à être pensé avec les repères de l'adaptation au changement climatique, et les cadres applicables sont rappelés dans le plan simple de gestion.






