Une forêt isolée au milieu de terres cultivées ne fonctionne pas comme la même forêt reliée à d'autres massifs. Les populations animales et végétales y sont plus petites, plus vulnérables, et ne se reconstituent pas après un accident local. C'est l'idée qui fonde la notion de continuité écologique.
Réservoirs et corridors
Le raisonnement distingue deux éléments. Les réservoirs de biodiversité sont les espaces où les espèces trouvent des conditions favorables pour accomplir leur cycle complet : massifs forestiers étendus, zones humides, pelouses. Les corridors sont les éléments qui permettent de passer de l'un à l'autre : haies, ripisylves le long des cours d'eau, alignements d'arbres, bandes enherbées, simples chapelets de bosquets. Un corridor n'a pas besoin d'être continu pour fonctionner, mais chaque rupture augmente le coût du déplacement pour l'espèce.
Ce qui rompt les continuités
Les infrastructures linéaires en premier lieu, routes et voies ferrées, dont l'effet dépasse largement leur emprise. L'urbanisation ensuite. Mais aussi, à l'échelle d'une propriété, la suppression d'une haie, l'arasement d'une ripisylve ou la mise en culture d'une lisière. Ces gestes paraissent mineurs isolément et ce sont eux qui, cumulés, transforment un réseau en archipel.
Ce qu'un propriétaire forestier peut faire
Sa parcelle est presque toujours un maillon, réservoir ou corridor selon sa taille et sa position. Trois actions ont un effet disproportionné par rapport à leur coût. Conserver et entretenir les haies et les alignements qui relient le bois à d'autres boisements, plutôt que de les araser pour gagner quelques ares. Maintenir une bande boisée continue le long des cours d'eau, qui constitue le corridor le plus efficace qui soit. Et préserver des lisières étagées plutôt que des ruptures nettes, décrites dans les lisières forestières. Ces continuités sont souvent identifiées dans les documents d'urbanisme, évoqués dans forêt privée et documents d'urbanisme, et l'entretien du bocage dans tailler une haie bocagère.





