Les boisements littoraux : vent, sel et fixation des sables

Les forêts du littoral atlantique ne sont pas des forêts ordinaires reculées jusqu'à la mer. Beaucoup ont été installées volontairement, à partir du dix-neuvième siècle, pour fixer des dunes mobiles qui avançaient sur les terres agricoles et parfois sur les villages. Leur fonction première est une fonction de protection, et cela commande toute leur gestion.

Des contraintes que l'on sous-estime

Trois facteurs limitent brutalement le choix des essences. Le vent, qui déforme les houppiers et provoque un port en drapeau caractéristique. Les embruns salés, qui brûlent les jeunes pousses exposées et créent un gradient très marqué : les cent premiers mètres derrière la dune ne permettent presque rien. Le sol enfin, un sable filtrant, pauvre en éléments minéraux et à très faible réserve en eau. Le pin maritime s'y est imposé parce qu'il tolère ces trois contraintes simultanément, accompagné du chêne vert et de l'arbousier sur la façade la plus douce.

La dune se gère avant la forêt

Un boisement littoral ne tient que si le cordon dunaire qui le protège tient lui-même. La fixation repose sur des végétaux pionniers, l'oyat au premier rang, dont le système racinaire piège le sable, complétés par des ganivelles qui ralentissent le vent et provoquent le dépôt. Une brèche ouverte dans le cordon, souvent par un cheminement piéton non canalisé, suffit à faire repartir un couloir d'érosion qui atteindra les arbres.

Conduire un peuplement de protection

La logique diffère de celle d'un peuplement de production : on cherche la permanence du couvert plus que le volume. Cela suppose des coupes de faible ampleur, un renouvellement progressif par petites trouées plutôt que par coupe rase, et une attention particulière aux lisières exposées, qui font écran pour tout le reste. La régénération naturelle, quand elle fonctionne, est la voie la plus sûre : elle est décrite dans la régénération naturelle du pin maritime, et la conduite d'ensemble dans la sylviculture du pin maritime.

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