Chasse et forêt : trouver l'équilibre sylvo-cynégétique

L'équilibre entre la forêt et le gibier désigne une situation où le renouvellement des peuplements est possible sans protection systématique. Il n'est atteint que sur une partie du territoire : les populations de cerfs, de chevreuils et de sangliers ont fortement augmenté en quelques décennies, et la régénération naturelle est aujourd'hui compromise sur des surfaces importantes.

Reconnaître les dégâts et leur auteur

Trois types d'atteintes se distinguent facilement. L'abroutissement est la consommation des jeunes pousses : sur les feuillus, une section nette et oblique signale le chevreuil, une section déchiquetée le cerf, qui n'a pas d'incisives supérieures. Le frottis est le frottement des bois contre un jeune tronc, qui décolle l'écorce sur une face et compromet la bille de pied. L'écorçage, propre au cerf, consiste à arracher des lanières d'écorce sur des arbres plus âgés, ouvrant la porte aux champignons de coloration et de pourriture.

Mesurer plutôt que constater

Un dégât visible sur quelques plants ne dit rien du niveau réel de pression. La mesure repose sur des placettes protégées comparées à des zones ouvertes, ou sur des relevés du taux de plants terminaux atteints. C'est cette comparaison qui permet de savoir si la régénération passera, et de discuter du plan de chasse sur des données plutôt que sur des impressions. La méthode est décrite dans l'évaluation de la pression des cervidés.

Les leviers du propriétaire

Trois se cumulent. La protection d'abord, individuelle par manchons ou collective par englobement clôturé, efficace mais coûteuse et à renouveler. Le plan de chasse ensuite, dont le propriétaire peut demander la révision et où sa voix compte s'il documente les dégâts. L'aménagement enfin, souvent négligé : maintenir des zones ouvertes et des lisières riches en végétation appétente détourne une part de la pression des jeunes plantations, principe développé dans les lisières forestières.

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