La forêt couvre aujourd'hui près d'un tiers du territoire métropolitain, une proportion qui a doublé depuis le milieu du dix-neuvième siècle. Cette progression, souvent ignorée, résulte à la fois de l'abandon de terres agricoles marginales et des politiques de boisement du vingtième siècle.
Une forêt majoritairement feuillue et privée
Les feuillus dominent largement, avec les chênes en tête, suivis du hêtre et du châtaignier ; les résineux, pin maritime, épicéas, sapins et douglas, occupent une part minoritaire mais fournissent l'essentiel du bois d'œuvre récolté. Les trois quarts de cette surface appartiennent à des propriétaires privés, plus de trois millions au total, dont la grande majorité détient moins de quatre hectares. Ce morcellement est la caractéristique structurante de la forêt française : il explique la difficulté à mobiliser la ressource et l'existence de démarches collectives pour regrouper les chantiers.
Des peuplements qui vieillissent
Le volume sur pied augmente régulièrement, plus vite que la récolte. L'accroissement biologique annuel, c'est-à-dire le bois que la forêt produit chaque année, dépasse nettement ce qui en est prélevé, et l'écart se cumule depuis des décennies. La France prélève sensiblement moins que l'accroissement biologique annuel de ses forêts, ce qui se traduit par un capital croissant mais aussi par des peuplements âgés, plus vulnérables aux tempêtes, aux sécheresses et aux ravageurs. Un peuplement mûr non renouvelé n'est pas une forêt épargnée : c'est une forêt dont le risque augmente.
Ce qui change la donne
Trois évolutions pèsent sur les décisions des propriétaires. Le climat d'abord, qui déplace l'aire de confort de plusieurs essences et rend hasardeux le fait de replanter à l'identique. La santé des peuplements ensuite, avec des dépérissements qui touchent des essences jusque-là sûres. La demande enfin, tirée par le bois construction et le bois énergie, qui valorise des produits autrefois sans débouché mais expose aussi le propriétaire à des prix plus volatils qu'auparavant. À cela s'ajoute une donnée souvent oubliée : la pression des grands ongulés, dont les populations ont fortement augmenté, compromet la régénération naturelle sur une part croissante du territoire et renchérit tout projet de renouvellement. Les conséquences pratiques sont détaillées dans l'adaptation de la forêt au changement climatique, et le cadre de gestion dans le plan simple de gestion.






