Quelle densité pour une plantation de chêne

La densité de plantation est la première décision d'un chantier de renouvellement, et l'une des rares qu'on ne pourra plus corriger ensuite. Elle engage à la fois le coût immédiat, la qualité future des tiges et le calendrier de toutes les interventions à venir.

Ce que la densité produit réellement

Une forte densité fait travailler les arbres en concurrence latérale : ils s'élaguent naturellement, les branches basses meurent et tombent, et la bille de pied se forme sans nœuds. C'est le mécanisme qui produit du bois d'œuvre de qualité chez le chêne. Une faible densité donne l'inverse : des arbres branchus, à fort houppier, dont le tronc porte des nœuds jusqu'à hauteur d'homme et qui ne feront jamais du merrain ni du tranchage.

Les deux écoles

La plantation dense classique, de deux mille à plus de quatre mille plants à l'hectare, mise sur cette autoélagage naturel et sur une sélection sévère au fil des interventions. Elle produit la meilleure qualité, mais coûte cher à l'installation et impose des dépressages précoces sans recette. La plantation à faible densité, autour de mille plants ou moins, réduit fortement l'investissement mais reporte la charge sur des élagages artificiels, à réaliser à la main sur les tiges d'avenir, faute de quoi la qualité ne sera pas au rendez-vous.

Comment trancher

Trois éléments guident le choix. La fertilité de la station : sur bon sol, la croissance rapide accentue le besoin de concurrence pour contenir la branchaison. La capacité réelle à intervenir ensuite : une faible densité non élaguée est le pire des deux mondes, et il vaut mieux planter dense que promettre des élagages qu'on ne fera pas. La pression du gibier enfin, qui justifie une marge de sécurité, les pertes des premières années pouvant être importantes. Un accompagnement latéral, par un bourrage d'essences secondaires ou par la végétation naturelle, permet de réduire la densité de chênes tout en conservant la gaine qui les force à monter droit. Le choix de l'essence est traité dans distinguer les deux chênes, et la pression du gibier dans l'évaluation de la pression des cervidés.

Derniers articles

Pour aller plus loin