La surface terrière est la mesure qui structure toute la sylviculture moderne. C'est la somme des sections de tous les troncs d'un peuplement, mesurées à un mètre trente du sol, rapportée à l'hectare et exprimée en mètres carrés. Elle dit en un seul nombre à quel point le peuplement est chargé.
Pourquoi elle est plus utile que le nombre de tiges
Compter les arbres ne renseigne pas sur l'occupation réelle de l'espace : cinq cents perches et cent gros bois peuvent occuper le même volume aérien. La surface terrière, elle, pondère chaque arbre par sa grosseur et reflète directement la concurrence subie par les houppiers. C'est donc elle, et non la densité, qui indique s'il faut éclaircir.
Comment la relever sans tout mesurer
Le relascope, ou son équivalent le plus rustique, permet un relevé en quelques minutes. On se place en un point, on tourne sur soi-même, et l'on compte les arbres dont le tronc paraît plus large qu'une fente de largeur calibrée tenue à distance fixe du bras. Le nombre obtenu, multiplié par un coefficient propre à l'instrument, donne directement la surface terrière à l'hectare. Une dizaine de points répartis sur la parcelle suffit à obtenir une valeur fiable, sans mesurer un seul arbre au ruban.
Les seuils de décision
Ils varient selon l'essence, l'âge et la fertilité, et il faut se garder d'un chiffre universel. L'ordre de grandeur courant se situe entre vingt et trente mètres carrés par hectare pour un peuplement feuillu adulte, un peu plus pour certains résineux. Au-dessus, les houppiers se compriment et la croissance en diamètre chute ; en dessous, on gaspille du potentiel de production. Le raisonnement pratique consiste à définir une valeur objectif après éclaircie et à prélever la différence. Cette mesure est le socle des itinéraires décrits dans la futaie régulière feuillue et la futaie résineuse régulière.






