L'orme champêtre était l'un des arbres les plus répandus des campagnes européennes, en alignement, en haie et en forêt alluviale. Deux vagues de graphiose, au vingtième siècle, ont supprimé la quasi-totalité des sujets adultes. L'espèce n'a pourtant pas disparu, et sa situation actuelle est souvent mal comprise.
Le mécanisme de la maladie
La graphiose est causée par un champignon transmis par de petits coléoptères, les scolytes de l'orme, qui se nourrissent dans les jeunes rameaux d'arbres sains avant d'aller pondre sous l'écorce d'arbres affaiblis. Le champignon envahit les vaisseaux conducteurs de sève, que l'arbre obstrue pour tenter de le bloquer : c'est cette obstruction qui provoque le flétrissement puis la mort de la couronne. La maladie se transmet aussi par les racines entre arbres voisins, ce qui explique la mortalité en chaîne dans les alignements.
Pourquoi l'espèce survit
L'orme drageonne vigoureusement à partir de ses racines, qui restent vivantes après la mort de la tige. Les souches émettent donc de nouveaux sujets, qui poussent normalement jusqu'à une dizaine ou une quinzaine de centimètres de diamètre. C'est le seuil critique : à partir de cette taille, l'écorce devient assez épaisse pour intéresser les scolytes porteurs du champignon, et le cycle recommence. L'orme est ainsi devenu une espèce de sous-étage permanent, présente partout et absente de la canopée.
Ce qu'un propriétaire peut faire
Peu de choses contre la maladie elle-même : il n'existe aucun traitement praticable en peuplement. En revanche, conserver les drageons dans les haies et les lisières a du sens, car ils entretiennent la présence de l'espèce et servent de support à une faune associée. Il faut aussi surveiller les rares sujets adultes survivants, qui présentent parfois une tolérance réelle et intéressent les programmes de sélection. Les habitats où l'orme est structurant sont décrits dans les chênaies-ormaies alluviales, et une situation comparable dans le frêne et la chalarose.






