La pression du gibier est le premier facteur d'échec des renouvellements forestiers. Elle se constate trop souvent après coup, quand la régénération a disparu. Or elle se mesure, et cette mesure change la discussion : elle transforme une impression en donnée opposable.
L'enclos-exclos, méthode de référence
Le principe est d'une simplicité désarmante. On installe sur la parcelle un petit enclos grillagé de quelques dizaines de mètres carrés, inaccessible aux cervidés, et on observe côte à côte ce qui pousse dedans et dehors. La différence est la pression, rendue visible sans discussion possible. Quelques mois suffisent pour qu'un écart apparaisse, et deux ou trois saisons donnent une image incontestable. C'est l'outil le plus convaincant pour appuyer une demande de révision du plan de chasse.
Le taux de plants abroutis
Plus léger, il consiste à parcourir la régénération selon un cheminement fixe et à noter, sur un nombre défini de plants, ceux dont la pousse terminale a été consommée. C'est cette pousse qui compte : un plant abrouti latéralement se rattrape, un plant dont la flèche est coupée à répétition se déforme et perd des années. Un relevé annuel, à la même date et sur le même parcours, permet de suivre une tendance plutôt qu'un état.
Protéger, et à quel prix
La protection individuelle par manchon ou gaine convient aux faibles densités de plants, comme en peupleraie ou en plantation à large écartement, mais son coût devient prohibitif au-delà. La protection collective par englobement clôturé revient moins cher à l'hectare sur une régénération dense, à condition d'entretenir la clôture : une clôture percée non réparée ne protège rien et concentre même le gibier à l'intérieur. La troisième voie, souvent la meilleure, est d'agir sur la cause en documentant les dégâts, sujet développé dans l'équilibre sylvo-cynégétique. Les protections naturelles offertes par le sous-étage sont décrites dans le houx en sous-étage.





