La biodiversité forestière n'est pas un supplément décoratif ajouté à la production : c'est une propriété du peuplement, qui dépend de sa structure. Un bois riche en bois mort, en arbres à cavités et en lisières étagées est aussi un bois plus résistant aux ravageurs et aux sécheresses, parce qu'il abrite les auxiliaires qui régulent et parce que ses arbres disposent de plus d'espace.
Ce qui manque presque toujours
Les inventaires convergent sur un point : ce sont les stades très âgés et le bois en décomposition qui font défaut dans les forêts gérées. On estime qu'environ un quart des espèces forestières dépendent du bois mort à un moment de leur cycle, et les cavités que creusent les pics conditionnent la présence de dizaines d'autres espèces incapables de les fabriquer, des mésanges aux chauves-souris arboricoles. Ces éléments ne se remplacent pas en une rotation : un gros arbre à cavités demande un siècle.
Des gestes qui ne coûtent presque rien
Conserver quelques gros arbres par hectare, choisis pour leurs microhabitats plutôt qu'au hasard. Laisser les souches et une partie des rémanents. Regrouper ces conservations en îlots plutôt que de les disperser, ce qui sert à la fois la sécurité des chantiers et la circulation des espèces. Décaler les travaux hors des périodes de reproduction. Maintenir une bande non exploitée le long des cours d'eau. Aucun de ces gestes ne demande d'investissement, seulement d'être décidé avant le martelage, quand les arbres sont encore debout et que le choix reste ouvert.
Ce que vous trouverez ici
Les fiches de cette rubrique décrivent les milieux qui composent un massif, forêts alluviales, zones humides, landes, mares, pentes et corniches, ainsi que les espèces dont la présence dépend directement de la gestion. S'y ajoutent les outils de diagnostic qui permettent de savoir où agir plutôt que d'agir au hasard.




































