Après quinze à vingt-cinq ans d'investissement, la récolte est le moment où se révèle la qualité du travail fait en amont. Elle se prépare, car deux peupleraies d'apparence semblable peuvent donner des recettes du simple au double selon le tri et le moment de la coupe.
Le bon moment n'est pas le plus tard possible
Le peuplier atteint son diamètre d'exploitabilité relativement tôt, souvent entre quarante-cinq et soixante centimètres selon le cultivar et la station. Attendre au-delà expose à deux risques. La croissance ralentit, donc le capital immobilisé rapporte de moins en moins. Et surtout, les défauts s'installent : coloration du cœur, début de pourriture, chancres qui gagnent, sans compter le risque de chablis sur une essence à fort développement. Une peupleraie récoltée trop tard perd en valeur ce qu'elle a gagné en volume.
Le tri fait la différence
Un peuplier ne se vend pas en bloc. La bille de pied, si elle est droite, cylindrique et sans nœud sur cinq à sept mètres, part au déroulage, le débouché le plus rémunérateur, destiné au contreplaqué et à l'emballage léger. Les billons suivants, noueux, vont au sciage de palette ou à la caisserie. Le houppier et les petits bois finissent en trituration ou en bois énergie. Présenter le lot en distinguant ces qualités, plutôt que de vendre l'ensemble à un prix moyen, change substantiellement la recette.
Organiser la vente
Une estimation préalable du volume évite de négocier à l'aveugle, et la mise en concurrence de plusieurs acheteurs est d'autant plus facile que le lot est homogène et accessible. Le contrat doit préciser les qualités, le mode de cubage retenu, le délai d'exploitation et l'état de remise en état du terrain, points détaillés dans le contrat de vente de bois. La méthode d'estimation figure dans estimer le volume d'un peuplier sur pied, et la préparation de la bille dans l'élagage du peuplier.





