Le pin maritime se régénère naturellement avec une facilité qui en fait l'une des essences les moins coûteuses à renouveler. Encore faut-il réunir trois conditions simultanément, faute de quoi l'opération échoue et il faut planter, avec le surcoût correspondant.
Des semenciers en nombre et en forme
On conserve généralement quelques dizaines de tiges à l'hectare, choisies parmi les mieux conformées, réparties régulièrement. Leur houppier doit être ample, ce qui suppose de les avoir dégagés lors de la coupe précédente : un semencier étriqué produit peu de graines. La qualité génétique compte, puisque le peuplement futur en descend directement, et il serait absurde de réserver les tiges invendables.
Un sol receptif
C'est la condition la plus souvent négligée. La graine de pin est petite et doit atteindre le sol minéral pour germer : une litière épaisse d'aiguilles, un tapis de molinie ou de fougère aigle l'en empêchent complètement. Un travail superficiel du sol, par crochetage ou par un passage léger d'outil à dents, en bandes plutôt qu'en plein, crée les conditions du contact. Il se fait avant la chute des graines, et son absence explique la majorité des échecs.
Saisir l'année de fructification
Le pin maritime fructifie de façon irrégulière, avec des années abondantes qui reviennent tous les trois à cinq ans. Les cônes mûrissent la seconde année et libèrent leurs graines par temps sec et chaud. Il faut donc observer la charge en cônes en fin d'été et déclencher le travail du sol l'année où elle est forte, plutôt que de suivre un calendrier théorique. Une fois le semis installé, il vient très dense, plusieurs milliers de tiges à l'hectare, et le dépressage devient obligatoire : c'est le prix de la gratuité initiale, détaillé dans l'itinéraire de la futaie régulière de pin maritime. Les exigences de station figurent dans la sylviculture du pin maritime.





