Une peupleraie se gagne ou se perd dans les trois premières années. Contrairement à la plupart des essences forestières, le peuplier ne pardonne ni un sol inadapté ni un entretien relâché, et un rattrapage tardif n'existe pas : un plant dominé par les herbacées ne redémarre jamais.
La station se vérifie avant tout le reste
C'est la décision qui engage tout. Le peuplier exige un sol profond, frais, bien alimenté en eau mais sans engorgement prolongé, la nappe devant rester accessible sans noyer les racines. Un sondage à la tarière avant de commander les plants coûte une matinée et évite les échecs les plus coûteux : une texture trop argileuse, un horizon compact à faible profondeur ou une nappe stagnante condamnent la plantation quelle que soit la qualité du travail ultérieur.
Préparer le sol, planter profond
Le travail du sol est généralement localisé et profond, par potets travaillés ou sous-solage croisé selon les cas, afin de rompre toute semelle et d'ouvrir le passage aux racines. Le plançon, sujet de belle taille, se plante profondément, souvent à plus d'un mètre, pour atteindre l'humidité permanente et assurer l'ancrage. Le tuteurage est indispensable les premières années, la prise au vent d'un plant de cette taille étant considérable.
Les trois premières années décident
L'entretien du pied est le poste que l'on sous-estime toujours. Sur les bons sols que le peuplier réclame, la végétation herbacée est vigoureuse et concurrence violemment le plant pour l'eau, jusqu'à l'étouffer. Deux à trois interventions par an sont nécessaires au départ, en travaillant un cercle autour du plant plutôt que la totalité de la surface. La protection contre le gibier s'y ajoute presque toujours, ces plantations étant souvent en plaine agricole. Le calcul économique figure dans le coût d'une plantation de peupliers, le choix du matériel dans choisir son cultivar, et la suite de la conduite dans l'élagage du peuplier.





